09.07.2007

les finances publiques au coeur du débat

L’eurogroupe est une enceinte de discussion spécifique  créée au Conseil européen d'Amsterdam (juin 1997), et décrite dans les conclusions du Conseil européen de Luxembourg, 12-13 décembre 1997 : « (...) Les Ministres des États participant à la zone euro peuvent se réunir entre eux de façon informelle pour discuter de questions liées aux responsabilités spécifiques qu'ils partagent en matière de monnaie unique. La Commission, ainsi que, le cas échéant, la Banque Centrale Européenne, sont invitées à participer aux réunions. Chaque fois que des questions d'intérêt commun sont concernées, elles sont discutées par les Ministres de tous les États membres. (...) ».

L’Eurogroupe  répond au besoin accru de coordination entre les ministres de l’économie et des finances des pays membres de l’Union monétaire. Ses missions sont essentiellement la concertation entre les États membres en matière de conjoncture, le dialogue avec la BCE, et la préparation des positions de la zone euro sur la scène extérieure. Elles ont été élargies depuis la présidence française (Conseil européen de Nice) à l'emploi et aux questions structurelles : « (…) Le Conseil européen se félicite des améliorations apportées au fonctionnement de l'Eurogroupe et à sa visibilité. Il se félicite également de l'intention d'élargir la gamme de questions, notamment structurelles, abordées dans cette enceinte dans le respect des conclusions du Conseil européen de Luxembourg. Ces améliorations, destinées à accroître la coordination des politiques économiques, contribueront à renforcer le potentiel de croissance de la zone euro. (…) ». L’Eurogroupe joue un rôle important, notamment dans la coordination des politiques budgétaires.

Nicolas Sarkozy ira lui-même expliquer les orientations budgétaires de la France lundi à la réunion ministérielle de l'Eurogroupe, après sa décision de reporter à 2012, au lieu de 2010, l'objectif d'équilibre des finances publiques. Aller à l'Eurogroupe, "pourquoi pas!", s'exclame le chef de l'Etat dans une interview au Journal du dimanche, alors que la France risque d'être sur la sellette à Bruxelles. Le président est un défenseur des intérêts français.  "L'économie, la croissance, le plein-emploi sont des sujets si importants que les chefs de gouvernement et chefs d'Etat doivent s'en préoccuper directement".

Le chef de l'Etat, soucieux de conserver le pouvoir d’achat des français, compte poser la question de "la surévaluation de l'euro" et demander plus de pouvoirs pour l'Eurogroupe afin de contrebalancer le pouvoir de la Banque centrale européenne (BCE).Le président devra justifier sa politique économique qui est en contradiction avec les principes prônés dans le pacte de stabilité européen..

Les finances publiques sont et resteront au cœur des actions de l’Etat mais qui est devenu un sujet européen du fait de l’européanisation croissante. La révolution de 1789 trouve son origine dans les constations des finances publiques. Aujourd’hui la grogne des français est relative au pouvoir d’achat. En intervenant, le chef de l’Etat démontre sa capacité à comprendre et à vouloir résoudre les problèmes contemporains.