20.07.2007

Les étapes de la crise au Darfour

 Le 31 août 2006, le Conseil de sécurité, répondant à la demande de l’Union Africaine de passer la main, a adopté la résolution 1706, prévoyant un important déploiement de casques bleus au Darfour. Le gouvernement soudanais s’oppose à la mise en œuvre de cette résolution.

 L’accord n’a pas connu de début d’application et, depuis le mois d’août 2006, le Nord Darfour est à nouveau le théâtre d’affrontements violents, opposant le NRF et le gouvernement, qui a considérablement renforcé ses effectifs militaires au Darfour.

Les négociations de paix d’Abuja sur le Darfour, laborieuses, ont débuté en août 2004 sous l’égide de l’Union africaine, et ont abouti en mai 2006 à un accord global, portant sur les aspects de sécurité, de partage du pouvoir et de partage des richesses. L’accord a été signé par le Gouvernement et par un des trois groupes rebelles (MLS branche Minni Minawi). Une partie des rebelles non signataires a organisé un nouveau mouvement (Front de rédemption national, NRF).

Depuis le mois de septembre 2005, on a pourtant assisté à une recrudescence des violations du cessez-le-feu : attaques des mouvements rebelles contre des positions gouvernementales et contre la mission africaine (5 morts) ; attaques des milices contre des positions rebelles, contre un camp de déplacés (35 morts) et contre une localité au Tchad (75 morts).

 Après la signature d’un accord de cessez-le-feu entre le gouvernement soudanais et les deux mouvements rebelles, le 8 avril 2004, sous l’égide d’une médiation tchadienne, la situation sécuritaire s’était stabilisée, en partie grâce à la présence sur le terrain d’une importante mission d’observation du cessez-le-feu de l’Union africaine - l’AMIS- (7700 hommes) qui s’est déployée avec le soutien de la communauté internationale (notamment de l’Union européenne : soutien financier ; logistique ; en termes de planification).

 Le conflit du Darfour est de nature à remettre en question l’ensemble du processus de paix au Soudan, et il est aussi susceptible de déstabiliser les pays voisins, notamment le Tchad.

 Le conflit du Darfour a provoqué la plus importante crise humanitaire dans le monde aujourd’hui (probablement 300.000 morts - victimes d’attaques et de la très grave situation humanitaire - ; 1,85 million de déplacés ; 230.000 réfugiés au Tchad). Selon une commission d’enquête internationale mise en place par les Nations unies (R 1564) des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité ont été commis dans le Darfour (en particulier par les milices janjawids). La Cour pénale internationale a été saisie du dossier par le Conseil de Sécurité des Nations unies (résolution 1593).

Deux rébellions se sont alliées contre Khartoum : le Mouvement de Libération du Soudan (MLS), une rébellion souhaitant un meilleur partage des richesses, et le Mouvement Justice et Egalité (MJE), de tendance islamiste et ayant un agenda plus national. Le MLS s’est divisé en deux factions en 2005 (branches Minni Minawi et Abdul Wahid)

Le processus de paix avec le Sud-Soudan semble avoir encouragé les populations du Darfour, également marginalisées, à prendre les armes (février 2003).